Biographie

    
    En abordant le jazz d’une étendue large, John Tchicai l’Afro-danois Américain, est un compositeur et saxophoniste dont la musique est connu internationalement pour son sens convaincant de rythme, de drame et d’humour, pour sa liberté, sa spiritualité et sa 'fraîcheur' ultime. Il a enrégistré avec John Coltrane (“Ascension”) comme avec John Lennon (“Life with Lions”) et il a fondé des ensembles, entre autres “New York Art Quartet” and “Cadentia Nova Danica. Il a composé pour des ensembles de jazz aussi bien que pour des ensembles de musique classique. Il part en tournée, enrégistre et enseigne toujours. John Tchicai est le premier musicien de jazz qui a reçu une subvention à vie de la Ministère de Culture de Danemark. De ses bases actuelles à Claira, France et à Davis, Californie, il est toujours disponible pour des concerts, des workshops et des commissions de composition.

instruments

    En abordant le jazz d’une étendue large, John Tchicai l’ Afro-danois Américain a été progressif sans interruption pendant toute sa vie. Né en 1936 à Copenhague, Danemark d’ une mère Danoise et d'un père Congolais, grandissant dans un cadre sain, John Martin Tchicai devient un exponent menant de l’avant-garde du jazz à New York dans les années 60, et un ‘father-figure’ pour l’ avant-garde Européenne après. Aujourd’hui sa musique reflète encore ce qu’ il a fait toujours: innover et inspirer les autres dans une manière très rafraîchissante. La Ministère de Culture de Danemark a reconnu son oeuvre en lui attribuant une subvention à vie.

chronologie

    Dans les dernières années 50 et premières années 60, John explore la scène de jazz Danoise et Européenne du Nord. En 1962, il s'installe à New York City et dans les années qui suivent, il enrégistre onze albums (entre autres “Mohawk”, “Ascension” avec John Coltrane, “New York Eye and Ear Control” avec Albert Ayler). Il co-fonde également deux ensembles (‘New York Contemporary Five’ and ‘New York Art Quartet’) avec qui il part en tournée en Europe. Il est aussi membre du “Jazz Composers Guild”. En 1965 pour un concert avec le Jazz Composers Guild dans le New York Museum of Modern Art, il se peint le visage ce qui était totalement nouveau à cette époque-là.

    Le New York Art Quartet était un précurseur des approches et des philosophies musicales collectives, que des ensembles avant-garde menantes des années 70 developperaient après. En 1966, il se réinstalle à Danemark, où il co-fonde Cadentia Nova Danica, un ensemble composé parfois de plus de 30 personnes. Il enregistre avec eux “Afrodisiaca”. Dans les années 70, John découvre le hatha yoga et la méditation, devenus les centres d’ interêt à vie dans son développement spirituel. Il joue moins sur scène cette période, mais il enseigne à l’ école élémentaire, il compose et conduit des workshops. Vers les années 80, il reprend ses tournées et les enregistrements à l'étranger, en voyageant en Europe, aux Indes, au Japon et en Afrique, en menant ses propres groupes aussi bien qu’en tant que sideman. En 1991 John s'installe à Californie. Ici, il fonde et enrégistre avec “John Tchicai & the Archetypes”, il conduit des workshops dans des écoles, dans des prisons et à la UC Davis. Aujourd’ hui, il continue toujours de composer et travailler sur de nouveaux projets; Il part en tournée et pratique toujours le yoga et méditation.

reconnaissance

    En 1966, le magazine de jazz Downbeat déclare que John “ressortit parmi l’avant-garde de jazz, musicalement et personellement”. La reconnaissance officielle pour lui a grandi progressivement. En 1977, il était le premier musicien de jazz à reçevoir une bourse pour 3 années de la Ministère de Culture Danoise, et en 1990 la même ministère lui a attribué une subvention à vie. Dans les Etats-Unis il était un California Artist-in-Residence en 1996-’97, et en 1997, le National Endowment for the Arts lui a attribué un Fellowship for Composition.

composition

    La composition n a toujours été une priorité pour Joh, tout en cherchant une balance entre l’improvisation et la composition. La musique d’autres cultures (Africaine, Asiatique, etc.) est une inspiration perpétuelle, et l’oeuvre de John est d’une qualité très rythmique et poétique-mélodique. Il a composé pour ses propres ensembles mais aussi sur commission pour d'autres ensembles de jazz où de formation classique, par exemple pour orchestre des vents, pour chorale, solistes vocales et ensembles de jazz, pour trois celli + jazz quartet, pour quintet double des vents et des cordes et pour orchestre symphonique.

concerts

    John a travaillé avec et est le pair des grands dans le domaine du jazz. Pour énumérer juste quelques uns : John Coltrane, Don Cherry, Archie Shepp, John Lennon/Yoko Ono, Johnny Dyani, Albert Ayler, Lee Konitz, Makaya Ntshoko et Cecil Taylor. Il joue aux festivaux, aux conservatoires, dans des églises, des écoles et dans les halls de concerts de Bombay et Kyoto dans l’ Est jusqu’à Vancouver et Seattle dans l’ Ouest ; de Conacry, Guinée, Afrique dans le Sud jusqu’ à Reykjavik, Islande dans le Nord. La poésie et la participation de la publique font souvent partie intégrale d' un concert de Tchicai.

enregistrements

    En plus de 25 enregistrements comme leader ( “John Tchicai Trio”, “John Tchicai Group”, “John Tchicai & the Archetypes”, duo avec Vitold Rek (bass) ou Adam Lane (bass) ), et de beaucoup plus comme sideman ( avec Pierre Dørge’s “New Jungle Orchestra”, le bassiste sudafricain Johnny Dyani, avec le saxophone sextet hollandais “The six winds”), John a pris part dans des collaborations avec des artistes d'autres disciplines (la cantata “Hymn til Sofia” avec écrivain-prêtre Kristian Høeg, avec les poètes Amiri Baraka et David Gitin, l’ écrivain John Stewart, les danseuses Bonnie Simoa et Lilach Peled). Il a fait des compositions pour le film, des pièces de théatre et des projets de video.

teaching

    John Tchicai sait utiliser d'une manière patiente et positive les ressources qui sont à sa disposition, Il peut s'agir du matériel d’improvisation, de composition ou des instruments aussi bien que du temps, de l'espace, de l’énergie, ou : des gens. Son expérience énorme dans l'enseignement s’est construit par son travail aux écoles élementaires comme professeur de musique, par des cours privés, par des workshops internationaux qu'il a conduit pour des musiciens de formation en jazz, en musique classique et, d'autre-part, des workshops dans des prisons et des master-classes aux conservatoires. Son livre pour étudiants en musique, “Advice to Improvisers”, qui inclut des compositions et des exercices pour toutes les instruments, est publié par Editions Wilhelm Hansen en 1987. On peut le trouver à l'adresse indiquée dans Orchestral compositions .

 

 

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Interview
Questions de liberté

 

Enquête: Alexandre Pierrepont
Traduction: Christian Gauffre

En décembre 1965, dans Jazz Magazine no. 125, le saxophoniste danois fut un des “26 jazzmen nouveaux à la question”. Trente-cinq ans plus tard, il a bien voulu répondre aux mêmes dix questions. Le temps et le ton ont-ils tellement changé?

1. Comment appelez-vous la musique que vous jouez? Pourquoi?

Mes compositions ont des titres différents, elles sont toutes pensées pour des formations et instrumentations différentes. Chacune explore certains sujets musicaux, ou cherche à résoudre un problème musical spécifique. De toutes les improvisations que j’ai faites au cours de ma longue vie, la plupart sont retournées vers l’esprit qui était à leur origine, et n’ont jamais reçu de titre. D’autres, capturées et enregistrées sur bande, cd, 33-tours, vidéo, etc., ont reçu divers titres, comme le montre ma discographie.

2. Votre musique s’inscrit-elle dans une conception générale de la destinée du monde et de l’homme? La politique, la religion, la philosophie ont-elles une part importante dans votre art?

Ma musique exprime en partie mes convictions sur ce que signifie “être un humain” et sur le fait que nous sommes tous issus de la même âme. Nous en venons, nous y retournons. C’est une expression de confiance, d’optimisme, d’humour et d’énergie. Mais il vaudrait mieux demander à mon public s’il a, lui, le sentiment que ma musique exprime une conception de la destinée du monde et de l’humanité. Vous obtiendrez une réponse différente pour chacun. Et une bonne politique est préférable à une mauvaise politique.

3. Pensez-vous avant ou pendant que vous improvisez? Si oui, à quoi?

Vous voulez probablement me demander si je pense à du texte, à des mots, à des lettres au cours de mes improvisations. Au cours de l’improvisation, le plus souvent, je pense sons, espaces, intervalles, dynamique, combinaisons et structure musicale. Mais si je travaille à partir d’un texte littéraire précis, je pense en plus à ce texte. Des circonstances particulières, qui n’ont rien à voir avec la musique, peuvent bien entendu influencer les schémas de pensée d’un improvisateur, et sa production peut également dépendre du niveau de concentration et d’investissement du musicien dans l’oeuvre.

4. Vous préoccupez-vous du swing quand vous jouez?

Même si la musique swingue beaucoup, cela ne signifie pas que je la trouve intéressante ou qu’elle est de grande qualité. Le swing est important vient synonyme d’élan, d’énergie, de vitalité.

5. Prenez-vous du plaisir à jouer? Et essayez-vous de donner du plaisir à ceux qui vous écoutent?

Je continue de prendre plaisir à jouer, mais l’on peut parfois en avoir assez, être dégouté de s’écouter, en particulier pendant les longues tournées, quand on doit jouer tous les jours. Alors, une pause de deux jours peut faire des merveilles. Quand je compose et/ou improvise, je suis mes goûts et mes idéaux musicaux. Mais si je travaille sur une commande, je pense qu’il est tout à fait naturel que j’essaie de répondre aux voeux de mon bienfaiteur.

6. Quand vous créez, la beauté est-elle votre objectif?

La beauté n’est pas mon but, mais ce que je crée peut être tenu pour beau par un autre. Les idées que l’on se fait de la beauté sont relatives, dépendent de la race, du pays ou de la société, etc. Certain type d’amour peut transformer en beauté ce qu’on appelle laideur!

7. Qu’est-ce que la liberté en musique? Quels rapports entretient-elle avec la maîtrise instrumentale?

Liberté est un mot qui a des sens très différents pour des gens différents. C’est parfois l’occasion de développer une idée que l’on a. Avoir assez de temps, assez d’argent, assez d’espace, assez d’énergie, et personne en travers de son chemin. “Maîtriser son instrument”, ça veut dire quoi? La plupart des musiciens ne maîtrisent leur instrument que lorsqu’ils restent dans les limites d’un style donné. Lorsqu’ils vont vers d’autres styles, ils n’y sont pas des Maîtres. Mais connaître son instrument et les paramètres d’un style donne de toute manière d’avantage de flexibilité dans une musique.

8. Votre musique vous permet-elle de vivre?

Ma vie entière a été merveilleuse que les mots ne peuvent l’exprimer. On m’a couvert de faveurs. Un peu partout dans le monde, on s’est intéressé à ma musique et à ma manière de jouer. Tout le monde n’a pas cette chance, mais ça a à voir aussi avec le fait de persister ou pas pour atteindre ses buts et ses idéaux, même s’il faut faire la plonge ou devenir un temps facteur pour joindre les bouts. En Amérique, les musiciens talentueux et sincères qui créent de la musique de manière originale et inventive ont le plus souvent des difficultés à vivre de leur art. Mais peut-être en est-il de même en France? Au Danemark, en reconnaissance de leur oeuvre et des valeurs artistiques qu’ils ont créees pour la société, certains musiciens de jazz, dont je suis, ont reçu des bourses à vie. Pierre Dørge, Jan Kaspersen, Marilyn Mazur, Kenneth Knudsen, Palle MIkkelborg. Nous n’avons plus a nous soucier de savoir d’où viendra le prochain franc, dollar our kroner, nous pouvons poursuivre notre oeuvre en nous sentant en sécurité, vivants et en pleine forme.

9. Quel est votre projet le plus cher? Espérez-vous le réaliser dans un proche avenir, et avec qui?

Je veux profiter de la vie autant que possible avec ma famille et mes amis. Regarder avec compassion ceux qui connaissent des périodes difficiles. Et puis je souhaite qu’il y ait davantage de dimanches et de jours fériés dans une semaine, les gens ont de meilleurs rapports ces jours-la.

10. Comment envisagez-vous l’avenir du jazz?

Le jazz durera aussi longtemps que nous tous et continuera de changer. De nouveaux élements et d’autres types d’instrumentation s’y intégreront. Prions pour que de nouveaux génies naissent afin d’élever la musique et l’humanité vers de nouveaux sommets.

 

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Critiques
CONCERTS

Dernières Nouvelles D’ Alsace -Bas Rhin, le 7 juin 1991

Les architectures de Tchicai

A chacune de ses éditions, le festival Saxofolies a tenu a suscité la création. Cette année, c’est en particulier autour de John Tchicai que s’est élaboré un projet. Le public du festival a pu le découvrir mercredi soir, à “Pôle Sud”. Une douzaine de musiciens se sont relayés aux côtés de Tchicai, architecte de musiques ouvertes sur le jazz, mais aussi sur les courants contemporains.
La salle a pris un plaisir manifeste à goûter aux pièces d’abord interprétées par une formation réunissant instruments à cordes et à vent, sous la direction de Bernard Struber. Le saxophone de Tchicai participe à ce bouquet d’harmonies, dont les couleurs sonores ont pu s’épanouir avec bonheur dans le cadre de “Pôle Sud”.
Entouré de Dominique Courtadon (baryton), Denis Tempo (alto) et Georges Herquel (ténor, soprano), Tchicai s’est ensuite engagé dans des développements intelligemment articulés. Les quatre saxophonistes exécutent les figures de groupe imaginées par le compositeur, mais disposent aussi d’espaces d’improvisation sur les partitions. Cette démonstration de voltige est souvent vive, jamais ennuyeuse.
Fr. B.

 

“Lisbonne Story”, le Jazz em Agosto - Festival à Lisbonne, août 2001
New York Art Quartet (avec Amiri Baraka)

‘ce qui comble le regard comble le coeur’

Le New York Art Quartet (avec Amiri Baraka, dont les épaules recouvertes d’une fine poussière mythologique, qui vient se déposer là en dépit de tous les soins politiques aportés, furent époussetées pour de bon par Milford Graves, lequel en profita pour tambouriner allégrement sur le dos du poète et lui crier dans l’oreille)... On s’attendrait presque à voir apparaître John Tchicai, Roswell Rudd, Reggie Workman et Milford Graves (avec Amiri Baraka), et ce sont eux qui arrivent, avec une grande souplesse d’êtres thermiques, présents comme l’on peut l’être quand on vit ensemble dans le désordre de la musique, quand on vit à très grands frais de langues de feu. La première et seule consigne du NYAQ: absolument brûler les étapes, mais avec la magnificence de ceux qui savent tailler en pièces l’infini, j’ai nommé: Tchicai le reptilien, Rudd et ses rodomontades, Workman abyssal, Graves agité et agitant (avec Amiri Baraka et ses quatre vérités). Comme si la réalité de leur association était au prix d’un toujours spectaculaire écartèlement. Ce pourquoi peut-être le New York Art Quartet n’était pas un groupe intégré et n’est pas une re-formation acquise, mais une réunion hautement improbable.

Alexandre Pierrepont dans Improjazz 79, octobre 2001

 

CD

CD - INDISPENSABLE

John Tchicai
“Real Tchicai”


Graceful Visitor, Silent Danish Girl, Moksha Point, Monk’s Mood, Bambla Jolifanti, One Way Ticket, Mirjam’ Dadadance, Blue Barrier, Nothing Doing in Krakow, On Tuesday, Oles Anders, Sailing to the Good Land

John Tchicai (altosax), Pierre Dorge (guitar), Niels-Henning Orsted Pedersen (bass)
Enrégistré le 23 mars 1977, Steeple Chase 31075 (distr. Harmonia Mundi), duree 53’ 42’’.S’il ne laisse qu’ un disque à la postérité, cela pourrait être celui-ci. Le Danois, compagnon de John Coltrane (Ascension, Impulse AS95, 1965), d’ Archie Shepp et Don Cherry (The Contemporary Five), n’ a jamais été aussi bon qu’ à l’ alto, dont il étend la tessiture vers les extrêmes, sonnant parfois comme un soprano, parfois comme un ténor. Le choix du trio sans batterie et avec des partenaires sobres, même si Pierre Dorge utilise l’ air de rien toute une palette d’ effets, fait du disque une oeuvre intimiste. Mais ce calme favorise l’ éclosion de comptines (“Mirjam’s Dadadance”), la formation de boucles mélodiques et l’ envolé lyrique du saxophoniste (“Nothing Doing in Krakow”). Sensibilité et vent de liberté: un artiste à son sommet.

Claude Colpaert in “Jazz Hot”, Febr. ‘94

 

CD - Love Notes from the Madhouse

Tchicai - Komunyakaa

Jean-Pierre Moussaron, passant en revue le peuple du blues et des free jazzmen, avait vu John Tchicai en alchimiste. C’est en pélerin, pour reprendre une autre de ces identités analogiques, qu’il nous apparaît au tournant du siècle, non seulement parce que, de Copenhague à New York dans les années 60 (avec Coltrane, Ayler, Shepp, Bill Dixon our Don Cherry dans le New York Contemporary five, Roswell Rudd ent Milford Graves dans le New York Art Quartet...), le Danemark à nouveau où il fonde et anime la Cadentia Nova Danica au cours des deux décennies suivantes, et aujourd’hui la Californie, à chaque fois l’afro-scandinave a joué un rôle disséminateur. Ces dernières années, on l’avait entendu de loin en loin et plus ou moins inspiré, avec de jeunes musiciens suisses ou californiens, se mesurant à Charles Gayle, invité du trio d’Assif Tsahar au Vision Festival... Tchicai était encore de passage à Chicago le 12 septembre 1997 pour rencontrer le poète Yusef Komunyakaa, sa langue immémoriale en crues quotidiennes, sa voix soufflante, sa parole qui se souvient de tout et au-delà, brûlante comme cette neige qui recouvre l’histoire des siens ( de Ju-Ju, Robert Johnson, Louis Armstrong, Eric Dolphy et Rahsaan Roland Kirk, de leurs proches, de leurs frères, élus et anonymes également salués).
Une famille, celle du saxophoniste baryton Aaron Getsug, était justement là pour enregistrer sur son tout nouveau label ‘les actes’ de ce colloque des oiseaux, qui fait pendant à une certaine séance du NYAQ avec LeRoi Jones en 1964. Tchicai, parcimonieux dès qu’il ne s’appuie plus sur un jeu trépidant (la seule part du lion poétique qu’il consente à se tailler est sur une reprise du ‘Blood Count’ de Billy Strayhorn, et au final), se tient dans une ombre où sa liberté rythmique s’enlace discrètement au verbe mis en liberté. La musique qu’il dispose autour des mots, qui grimpe entre les phrases, se condense et mûrit comme sous l’effet de leur morsure.
Si une mélodie est pressentie, il l’ajourne, ou la laisse affluer au dernier moment avec l’improvisation. Seule la contrebasse fouisseuse de Fred Hopkins hante toutes les pièces du concert, parfois associée à son contraire sous les formes éblouies et ventilées qu’emprunte le guitariste Jeff Parker. Senghor prophétisait que le poème ne serait accompli que s’ils se faisait à nouveau “chant, parole et musique en même temps”. C’est chose faite sur “Love Notes from the Madhouse”, où un instrument poétique ne se distingue plus d’un autre.

Alexandre Pierrepont dans “Jazz Magazine”, nov. 1999

 

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Infos


édition octobre 2008

Nouvelles:

Comment de comparer la musique de John Tchicai avec les peintures de Jackson Pollock? Lisez-le en anglais dans l'article par Jackson Griffith.

Cette année a vu déjà trois sorties de nouveaux disques de John Tchicai et une re-sortie sur CD très spéciale::

Un nouveau CD "Letter from America" (LTR 07-003) est sorti de John Tchicai invité par le Paul Hemmings Trio. Il a été présenté en deux concerts en février 2008 au Big Apple, et il a reçu des bonnes critiques.

Un autre CD, "Coltrane in Spring" (ILK 141), avec Tchicai au tenor et à la voix, Jonas Müller, cornet et piano, Nikolaj Munch-Hansen, contrebasse, et Kresten Osgood, batterie, vient de sortir. Pour plus d'information: ilkmusic.com/krestenosgood.dk.

Tout neuf: "No Trespassing", ”free jazz rencontre heavy metal”, le résultat d’une rencontre en Italie entre John, Bruno Marini (sax baritone) et Cristina Mazza (sax alto) et le hard rock trio Ice 9. On peut l'acheter en utilisant PayPal au myspace.

Rien moins que l'album séminal AFRODISIACA" a été resorti sur CD, sur le label spv et on peut l'acheter par beaucoup de sites enlignes et aussi via itunes.

Aujourd’hui on peut commander et downloader de la musique imprimée de plusieurs compositions de John Tchicai à Sheetmusicnow.com.

Calendrier:

27 octobre
Brooklyn, NY

Un concert au Cafe Zebulon au 258 Wythe Ave.,Brooklyn, avec Adam Lane et des autres.

31 octobre
River Edge, NJ

Enrégistrement en studio pour le label SteepleChase avec George Colligan, piano et des autres.

5 février
Boston, MA
5 nov. Emission sur radio directe du trio avec Charlie Kohlhase, saxophones, et Garrison Fewell, gitarre, au WGBH, 21.00-22.00, dans le programme de Eric Jackson.
6 nov. L'après-midi, des stages ouverts pour tous les instruments, d'abord avec l'accent gitarre, par Fewell et Eric Hofbauer, gitarre, et après par Tchicai. Le soir, un double-concert avec une partie par Hofbauer et Fewell, jouant de leur CD "Lady in Khartoum", et une partie par Tchicai, Kohlhase et Fewell, jouant de leurs CDs. Cela se deroulera au YMCA à Cambridge.

7 - 9 november
Chicago, IL
Tchicai donnera trois concerts dans le Festival Umbrella Music de Chicago.
7 nov. Tchicai solo, 22.00 hr à Elastic, 2830 N Milwaukee Ave, 2nd Floor, 773.772.3616, elasticarts.org
8 nov. Duo John Tchicai/Hamid Drake avec Drake - batterie. 22.00 hrs à The Hideout, 1354 W Wabansia Ave, 773.227.4433, hideoutchicago.com
9 nov. John Tchicai Septet avec John Tchicai - reeds, Nicole Mitchell - flutes, Aaron Getsug - saxophone bariton, Jaimie Branch - trompette, Mary Halvorson - gitarre, Josh Abrams - basse, Mike Reed - batterie. 11.00 pm au Hungry Brain, 2319 W Belmont, 773.935.2118, eiorg.org.

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